Grande comme la Belgique, l'île de Vancouver garde cette histoire venant des Amérindiens des rivières et des forêts dans son atmosphère. Les esprits sont-ils toujours là ? La société américaine, d'un naturel bon-enfant, semble pourtant à l'opposé : les routes ne se marient pas vraiment à ces feuilles aux couleurs d'automne. Le tourisme existe-t-il vraiment ici ? Faut-il demander à l'Amérindien qui vit dans son mobile home, quelle manière de penser il faut adopter pour saisir le contexte de cet endroit magique...
Par le bus de Vancouver City puis le ferry jusqu'à Nanaimo, l'arrivée sur cette île géante se fait en douceur, tout comme le climat qui s'ouvre déjà à l'été indien. Barbara et George MacFarlane, patrons du Old Farm B&B depuis de nombreuses années, nous accueillent avec sourire et simplicité dans leur grande maison âgée de plus de cent ans. Tous deux sont détendus et très accueillants.
De la chambre, normalement réservée aux lunes de miel, nous avons vue sur la baie et au loin sur un entrepôt de rondins de bois (les fameux « logs »), prêts pour les scieries et empilés en tas. Le Canada est vraiment là.
Autour d'un Cherry Point ou d'un Pinot Blanc Auxerrois, le couple nous raconte son cheminement jusqu'à Vancouver Island. Par la Zambie pour Barbara, où son père travaillait comme ingénieur dans les mines de cuivre, et pour George, grand journaliste à Toronto. Cela fait huit ans qu'ils ont ouvert leur B&B à Cowichan Bay, toujours pleins d'attention et de disponibilité. Les petits-déjeuners sont préparés avec soin et servis sur des nappes brodées avec des couverts en argent.
Un plan est dressé sur la table de la salle à manger : une nouvelle cuisine en vue, mieux pensée, mais qui coûtera cher, très cher. Barbara en rêve déjà, George suit, et moi je vois « L'Etoile » et le piège d'investir trop vite pour un rêve...
À 78 ans, George est resté jeune et très ouvert d'esprit. Il semble intéressé par tout sujet de conversation, un café à la main, assis sur le bord du canapé. Un côté décontracté bienvenu, qui s'ajoute au confort de l'intérieur et du jardin parfaitement entretenu.
Visite de Duncan, 10 km plus au nord, ville aux totems de toutes tailles et tous bien exposés autour du centre-ville. Passe alors un train de marchandises dépassant le kilomètre de longueur. Un coup de klaxon à la traversée de cette petite ville, le convoi passe lentement, rythmé par le souffle de son avertisseur. C'est un peu l'Amérique de Tintin.
Comme beaucoup de Canadiens, les MacFarlane partiront cet hiver pour le soleil et la douceur des plages d'Hawaï. Ils réussissent à se faire remplacer par un couple d'amis. Un système bien intéressant !
Suite au décalage horaire, je me suis retrouvé dans leur « casibot », une sorte de petite terrasse ronde et couverte, vers 6 heures ce matin. En regardant la baie, l'idée me traverse l'esprit d'accoster sur l'île en canoë, comme lorsque, il y a vingt ans, j'ai rencontré mes chercheurs d'or après cinq jours de marche sur la Eagle Creek, cette petite rivière perdue dans la Redwood Forest, au nord de la Californie. Prendre le temps de découvrir pour ne rien perdre de l'atmosphère.
Le village de Cowichan Bay est une petite commune de pêcheurs entourée par des fermes situées le long du littoral et, de l'autre côté de la baie, sous le majestueux mont Tzouhalem. Duncan est un arrêt pour le chemin de fer de l'E&N Railway ; la ville ne s'est vraiment développée qu'à partir de 1887, l'année où la gare a été construite, attirant ainsi les petits commerces et les nouveaux arrivants.
Aujourd'hui, la gare fait partie du patrimoine national. Il y a plus de 80 totems dressés partout en ville, chacun représentant une légende, un mythe et la vie de famille des autochtones de Cowichan.
Old Farm B&B, Barbara and George MacFarlane, Cowichan Bay, BC, Canada - Plan 