Marion Hawkins, la soixantaine, a vraiment le sens de l'accueil. Petite, réservée et pleine de bonne volonté, elle gère son Bed & Breakfast avec générosité et attention. On se sent dans un vrai B&B, tel qu'on l'imagine et l'espère : elle est la reine des B&B. Il y a une véritable atmosphère ici. Dès notre arrivée, Marion nous sert un apéritif qu'elle partage avec nous : trois sortes de vins accompagnés de crackers, de fromage et de pâté.
Originaire de Nouvelle-Zélande, Marion est en Colombie-Britannique depuis 25 ans. « Une suite d'opportunités », me dit-elle, « et puis il était temps de partir pour vivre autre chose de plus valorisant ». Les habitants de Nouvelle-Zélande ainsi que d'Australie ont su garder ce côté spontané, prêts à partir si le moment est venu, toujours attentifs et ouverts aux surprises de la vie.
Pour le repas du soir, dans la très belle salle à manger de style victorien, nous sommes six convives, dont Wendy et Ralph Burgess, propriétaires du Bed & Breakfast « Wilp Gybuu » (la maison du loup en amérindien) à Tofino, petite ville portuaire du bout de l'île de Vancouver. Il y a aussi Colleen et Ron Wike, qui ont ouvert un petit magasin d'artisanat, « Sage House Studio », quelques maisons plus loin.
La discussion va bon train, puis à un moment, Ralph, qui est d'origine amérindienne, nous lance : « Ce qui est bien avec les Européens, c'est qu'on peut s'exprimer librement, sans complexe, même si cela touche à la politique ! » Pourquoi pas, et tant mieux, mais je me souviens de quelques discussions trop enflammées à L'Etoile où, prenant mon courage à deux mains — ou plutôt me servant une bonne bière belge —, j'essayais d'éteindre les incendies pour préserver un peu de convivialité autour de la table d'hôtes.
Marion, qui nous a préparé un excellent repas, en profite pour se reposer un peu et est heureuse de voir ses invités enthousiastes, baignant dans l'atmosphère magique du Olde Mill House B&B.
Ron, originaire de l'État de Washington aux États-Unis, ne se défend pas contre quelques attaques visant les États-Unis et leur statut de superpuissance. Bizarrement, je remarque de plus en plus souvent, au cours de ce voyage, une sympathie grandissante pour l'Europe. Leur donnerions-nous l'impression d'être intelligents ? Peut-être est-ce l'euro qui leur fait prendre conscience que l'Europe est bien réelle.
J'entends de plus en plus le président Bush se faire malmener. Bien sûr, nous ne sommes pas au Texas, et les Canadiens ne veulent pas imposer leur point de vue au monde entier, mais ils restent très liés économiquement aux États-Unis ; ils se trouvent donc un peu coincés.
Mes photos numériques sur mon ordinateur portable font toujours de l'effet : la France et les environs de La Bastide-Puylaurent leur paraissent paradisiaques. Des chemins comme la Régordane ou le Cévenol leur donnent envie de traverser l'écran. « Et vous faites tout vous-même ?! Et le repas du soir aussi ?! »... Marion, elle, comprend et pense déjà à son prochain voyage de l'autre côté de l'Atlantique. Elle pourra profiter de L'Etoile et y faire une vraie pause.
Chemainus est une jolie petite ville en bord de mer. Ce qui est frappant, ce sont les grandes peintures murales le long des rues. En suivant les traces de pas peintes sur le trottoir, on peut visiter tout Chemainus, admirer les œuvres, ainsi que les petites boutiques artisanales et les antiquaires comme « The Old House », voisin de chez Marion.
Olde Mill House B&B, Chemainus, Vancouver Island, Colombie-Britannique, Canada - Plan 
