Turism och vandring runt La Bastide-Puylaurent Tourismus und Wandern rund um La Bastide-Puylaurent Turismo y senderismo en los alrededores de La Bastide-Puylaurent Turismo ed escursioni nei dintorni di La Bastide-Puylaurent Τουρισμός και πεζοπορία γύρω από το La Bastide-Puylaurent Turisme og vandreture omkring La Bastide-Puylaurent

Tourisme et randonnées autour de La Bastide-Puylaurent

Turismi ja vaellukset La Bastide-Puylaurent’n ympärillä Turisme og fotturer rundt La Bastide-Puylaurent Tourism and hiking around La Bastide-Puylaurent 周边旅游和徒步旅行La Bastide-Puylaurent Туризм и пешие прогулки в окрестностях La Bastide-Puylaurent Toerisme en wandelen rond La Bastide-Puylaurent
Tourisme et randonnées autour de La Bastide-Puylaurent L'étang du Béal

Nous arrivons dans l'après-midi, certains en voiture, d'autres par le train « Le Cévenol ». Le temps est au beau fixe et les retrouvailles sont toujours aussi chaleureuses. Nous nous installons à la maison d'hôtes L'Étoile, un ancien hôtel de villégiature des années 30 situé sur les bords de l'Allier, la rivière qui sépare l'Ardèche et la Lozère. Nos organisateurs nous emmènent ensuite nous promener dans le village de La Bastide-Puylaurent et jusqu'à l'étang du Béal, aménagé pour la pêche à la truite d'élevage. Leur production est également vendue après avoir été pêchée à l'épuisette. Notre chasseur-pêcheur, Popeil, nous fait une démonstration d'appâtage des truites en leur lançant des fruits rouges cueillis sur place, et cela fonctionne à merveille...

L'abbaye Notre-Dame-des-Neiges en Ardèche

Randonnée en boucle de 15,5 km. Nous prenons le départ vers l'abbaye Notre-Dame-des-Neiges, située sur la commune de Saint-Laurent-les-Bains en Ardèche, en suivant le GR®72 (qui fait sentier commun avec le GR®7). Fondée par les moines trappistes cisterciens en 1864, l'abbaye nous invite à la méditation et à la visite de ses caves, avec en prime une dégustation d'un vin blanc sec et d'un blanc doux. C'est un haut lieu du tourisme pour les habitants de Nîmes et d'Alès.

De son séjour à Notre-Dame-des-Neiges, Robert Louis Stevenson raconte : « À cette saison tardive, les pensionnaires y étaient peu nombreux. Pourtant, je n'étais pas seul dans la partie publique du monastère. Elle est située près de la porte d'entrée et comprend une petite salle à manger au rez-de-chaussée et, à l'étage, un couloir entier de cellules pareilles à la mienne. » Notre approfondissement de la méditation se fera au cours d'une balade de mise en appétit sur les crêtes du GR®7, à la recherche d'un lieu de pique-nique offrant une vue imprenable sur la vallée de la Borne. Le retour à La Bastide-Puylaurent s'effectue par la vallée de Serres et Rogleton, où nous retrouvons l'ancien tracé du chemin de Stevenson longeant l'Allier.

Tourisme sur la ligne de partage des eaux. Nous partons en direction du petit village de Puylaurent, aujourd'hui simple hameau de la commune de La Bastide-Puylaurent, qui abrite une petite chapelle de toute beauté et offre une vue imprenable sur la montagne du Goulet et le mont Lozère. En chemin, nous nous arrêtons au dolmen du Thort. Surnommé le « Palet de Gargantua » (nous a-t-il suivis de Bretagne en Lozère, ou bien est-il resté en Armorique pour lancer son palet jusqu'ici ?), ce dolmen se trouve à 200 mètres du hameau, en direction de Prévenchères, sur les itinéraires des GR®72 et GR®700.

L'église romane de Puylaurent en Lozère

Vient ensuite la visite du barrage de Puylaurent, construit sur la rivière Chassezac. Il s'agit du plus grand barrage érigé en France à la fin du XXe siècle. Sa construction a démarré en juin 1990 pour s'achever en mai 1996 avec sa mise en eau. Ce chantier colossal a mobilisé 15 entreprises sous la maîtrise d'ouvrage du syndicat départemental d'équipement de l'Ardèche et de la direction technique d'EDF Ingénierie Hydraulique. Pas moins de 200 personnes y ont œuvré, totalisant 500 000 heures de travail.

Nous traversons Prévenchères, presque sans un regard pour l'ancienne boutique du célèbre chocolatier qui a depuis déménagé aux Vans. Un détour est cependant prévu au belvédère des gorges du Chassezac, situé juste à côté du petit village d'Albespeyres. La vue y est réellement époustouflante : elle plonge sur le canyon, Pied-de-Borne et, plus loin encore, se perd jusqu'aux Alpes.

Le village médiéval de La Garde-Guérin en Lozère

Nous repartons alors en direction du village médiéval de La Garde-Guérin. Au programme figurent la visite du village fortifié et l'ascension de sa tour. Le passage jusqu'au sommet s'avère un peu difficile, mais l'effort est récompensé par une très belle vue sur le mont Lozère et le canyon du Chassezac. Dans les ruelles, une belle rencontre a lieu entre deux de nos connaisseurs de la langue d'oc et un ancien du pays, ravi de pouvoir discuter en patois. L'Auberge de la Régordane, située au centre du village, ne pourra hélas pas nous accueillir pour le repas : l'établissement affiche complet !

Nous poursuivons donc jusqu'à Villefort en suivant la voie de Saint-Gilles, plus connue sous le nom de chemin de la Régordane. C'est l'ancienne route des marchands arvernes et grecs, des chevaliers, des pèlerins et des colporteurs. C'était aussi la voie des jongleurs et des troubadours, la route du vin, des épices, du sel, de l'huile et des fromages. Mais elle fut également une route stratégique pour le commerce de l'étain vers la Méditerranée et l'axe emprunté par la chevalerie franque en marche contre les Sarrasins. Et pour nous, toujours pas de sieste à l'horizon !

Nous reprenons la route par la D901 en direction d'Altier, longeant au passage la ville haute et la ville basse. Une halte au village du Bleymard nous permet d'admirer sa charmante petite chapelle, puis, en traversant Bagnols-les-Bains, nous mettons le cap sur Mende. Nous y effectuons une visite très rapide pour contempler sa cathédrale, ses vieilles maisons et ses ruelles étroites.

En empruntant la N106, nous atteignons ensuite Rieutort-de-Randon et Châteauneuf-de-Randon. Cette dernière, devenue l'une des principales places fortes du Gévaudan et abritant aujourd'hui une statue de Du Guesclin, tomba en 1361 aux mains des Grandes Compagnies. L'un de leurs chefs, Séguin de Badefol, un chevalier gascon, ravageait alors le pays à la tête de 3 000 pillards. Vingt ans plus tard, en 1380, d'autres mercenaires s'en emparèrent. Ces compagnies, mi-anglaises, mi-gasconnes, avaient profité des guerres franco-anglaises pour s'installer dans plusieurs bastions d'Auvergne et du Languedoc. Comme le disait l'adage de l'époque en pleurant la mort du connétable : « Ô honneur et chevalerie, tant perdras quand cestuy deffinera ! »

La Halle au blé à Langogne en Lozère

En route pour Langogne, nous admirons la splendide halle au blé, érigée par le prieuré de Saint-Géraud en 1742. Quatorze piliers de pierre y soutiennent une imposante charpente en bois recouverte de lauzes et d'ardoises du Tournel. C'est sous ce grand couvert que se tenait le marché aux grains, sur lequel le prieuré prélevait un droit de « cartalage » pour la mesure des céréales. Nous faisons également une brève visite de l'église romane et de sa belle façade gothique du XVe siècle.

La ville de Langogne vénère tout particulièrement « Notre-Dame de Tout Pouvoir » (qui n'est pas une vierge noire). La journée se poursuit par la visite de la filature des Calquières. Différentes machines datant des débuts de l'ère industrielle y sont exposées : elles permettaient, à partir de la laine brute, d'obtenir des bandes étroites puis des fils, notamment grâce à une énorme machine capable de remplacer le travail d'une centaine de fileuses et de leurs quenouilles.

La terrasse de L'Étoile

Nous amorçons ensuite notre retour vers La Bastide-Puylaurent en passant par Le Cheylard-l'Évêque. Chez Philippe, à L'Étoile, on se sent d'emblée à l'aise : on discute de tout en toute liberté et avec une grande franchise. Nous profitons pleinement du paysage et du calme environnant, confortablement installés sous le grand tilleul du parc bordé par la rivière. Et lorsque vient l'heure du départ, nous nous promettons de revenir pour revivre cette belle expérience.

Notre hôte est un grand gaillard qui travaille d'arrache-pied, notamment sur ses sites web, pour promouvoir son concept et partager sa motivation pour une autre manière de vivre ensemble et de travailler. Il mène cette aventure avec la passion d'un chercheur d'or : « Je suis peut-être un businessman, mais surtout pas un commerçant ; l'argent viendra si l'idée est bonne et riche », se plaît-il à dire...

Cure thermale à Saint-Laurent-les-Bains en Ardèche. Pour se mettre en appétit, rien de tel qu'un petit circuit autour et au-dessus du village de Saint-Laurent. Nous y visitons la vieille tour d'appel qui servait, à l'époque médiévale, à communiquer et à rester en contact avec les autres villages perchés comme La Garde-Guérin ou Loubaresse.

Saint-Laurent-les-Bains en Ardèche

Nous redescendons ensuite au village pour nous installer au restaurant et reprendre des forces en vue de notre cure de l'après-midi. Les curistes sont bientôt en tenue : maillot de bain, peignoir, bonnet, serviette et pantoufles. En route pour dix minutes de vaporarium ! Plongés dans un épais brouillard et une température étouffante, tous résisteront vaillamment. Ils ignorent cependant ce qui les attend au détour des couloirs... L'étape suivante est un bain, mais dans un liquide dont la consistance laisse pantois. C'est un mélange naturel d'un peu d'eau de source et de beaucoup de kaolin. Imaginez une piscine remplie de lait, épaissie avec une énorme quantité de crème, d'une densité telle qu'il est impossible de s'y tenir debout ; on s'y retrouve en totale apesanteur. De plus, ce liquide est extrêmement collant : malgré une douche vigoureuse et beaucoup d'huile de coude, j'en ai conservé des traces blanches pendant trois jours ! La dernière étape est, heureusement, beaucoup plus agréable : une piscine d'eau de source. Chacun dispose de son emplacement personnel avec un jet d'eau réglable, offrant un massage complet des pieds à la tête, de face comme de dos. Pendant cette demi-journée de cure, si notre corps a été mis à l'épreuve, je peux vous assurer que notre esprit, lui, a été à la fête. Une expérience mémorable et loin d'être triste !

La table d'hôtes à L'Étoile

Autour de la grande table d'hôtes de L'Étoile, notre groupe s'est décidé pour une exploration de la Haute-Ardèche lors de notre première journée. Au petit matin, nous quittons La Bastide-Puylaurent en direction de Luc et de Langogne en longeant l'Allier, avant de rejoindre Pradelles en Haute-Loire. Nous marquons un arrêt au lac d'Issarlès avant de reprendre la route vers Le Béage.

Après avoir traversé la forêt de Bonnefoy, nous arrivons au pied du mont Gerbier de Jonc, tout près des sources de la Loire. C'est en effet sur le flanc ouest de ce dôme volcanique de forme conique, culminant à 1 551 mètres d'altitude, que le plus long fleuve de France prend sa source. À peine le temps d'admirer le paysage que la troupe est déjà en marche vers le sommet, car c'est de là-haut que le spectacle est le plus grandiose. Tout juste le temps de reprendre mon souffle, et voilà que toute la bande entame la descente. En bas, certains achètent des confitures, d'autres du miel de montagne, tandis que le reste du groupe s'approche du monument des sources, curieusement attiré par une publicité vantant les vins de Sancerre irrigués par la Loire.

Le Tanargue

Après une tentative avortée de pique-nique au col du Mézenc, nous baissons les bras : le coin est beaucoup trop venté pour nos fragiles assiettes en carton et verres en plastique. Nous redescendons donc sur le versant abrité. Bien plus bas, notre ami Bitas nous déniche une magnifique clairière bordée de conifères. S'ensuit le déballage rituel mené par l'ensemble du groupe : tables, chaises et victuailles sont installées à pied d'œuvre, sans oublier bien sûr la petite poire pour la soif.

L'après-midi est consacré à l'ascension du mont Mézenc (1 753 m). Nous grimpons jusqu'aux sommets, car le mont en possède deux. Grâce aux tables d'orientation, impossible de se perdre, même si l'horizon reste malheureusement un peu bouché. Certains, perdus dans les nuages, ont juré leurs grands dieux avoir aperçu le mont Blanc. La dune du Pilat, quant à elle, n'était évidemment pas visible ! En revanche, le mont Pilat (1 432 m), situé entre la vallée du Rhône et celle de la Loire, aurait pu l'être par temps clair.

Nous prenons ensuite le chemin du retour vers le gîte, en marquant un arrêt au viaduc de la Recoumène. Ce chef-d'œuvre architectural a été construit à l'époque héroïque des débuts du chemin de fer par l'ingénieur Paul Séjourné. Aujourd'hui, il n'y a plus la moindre trace de voie ni de trains. Peut-être a-t-on conservé le pont par respect pour cette prouesse technique (quoique je penche davantage pour une raison économique). Toujours est-il qu'il a été investi par une association de saut à l'élastique, ce qui lui confère une nouvelle dimension touristique.

Le pont du Tarn sur le mont Lozère

À l'assaut des sommets de la Lozère. Nous reprenons la route en empruntant la D6 en direction de Masméjean. Traversant successivement Chasseradès, Mirandol, L'Estampe et la montagne du Goulet, nous arrivons au petit village du Bleymard. Le ravitaillement en vivres y est effectué avec diligence, tandis qu'une partie du groupe visite ce bourg niché au pied du mont Lozère, qui compte un peu plus de 400 habitants. Ce village se trouve à un carrefour stratégique : d'une part, l'axe reliant Mende à Villefort qui suit le cours du Lot et de l'Altier ; d'autre part, la D20 en provenance de Belvezet, qui escalade puis redescend la croupe du Goulet avant de s'élancer, sitôt le bourg traversé, à l'assaut du mont Lozère vers le sommet de Finiels et Le Pont-de-Montvert. C'est par cette même D20 que nous grimpons jusqu'à la station de ski du Bleymard, où se dressent trois hôtels.

Randonnée dans le Parc national des Cévennes

C'est l'heure tant attendue du casse-croûte. Pendant notre repas, nous profitons d'une vue imprenable sur la vallée et les montagnes des Cévennes. Sans s'accorder ni sieste ni repos, le groupe se remet en marche vers le col de Finiels. Sur ce sentier, la draille (chemin de transhumance) est bordée de grandes pierres dressées, semblables à des menhirs, appelées « montjoies ».

Jadis, par temps de brouillard, ces blocs de granit servaient de précieux repères aux bergers lorsqu'ils redescendaient de la montagne avec leurs troupeaux à l'automne. Seule une partie de notre groupe atteindra le sommet du Finiels (1 699 m), les autres ayant préféré rebrousser chemin en cours de route. Il est temps pour nous de cesser l'effort. Plus loin, l'architecture audacieuse de la chapelle du mont Lozère, construite en 1967 par les Scouts de France, nous surprend. Sa toiture très pentue a pour mission de laisser la neige glisser jusqu'au sol afin d'éviter tout risque d'accident sous son poids.

Dans ces contrées isolées, l'évolution de la végétation reflète en grande partie l'histoire du pastoralisme et les fluctuations de la couverture forestière. Par exemple, les denses forêts de hêtres et de sapins qui recouvraient le mont Lozère à l'époque gallo-romaine ont été progressivement détruites par le surpâturage des troupeaux. Cependant, depuis le début du XXe siècle, la lande, les pins et les bouleaux ont commencé à reconquérir ces pâturages délaissés. L'Office National des Forêts (ONF) y favorise d'ailleurs activement la réimplantation de hêtres et de sapins. Aujourd'hui, les sangliers, les cerfs et les chevreuils ont de nouveau colonisé ces bois.

Gare de La Bastide-Puylaurent en Lozère

La Bastide-Puylaurent, aux confins du Gévaudan. Au XVIIIe siècle, La Bastide-Puylaurent n'était qu'un modeste hameau composé de quelques maisons s'échelonnant le long du « Chemin de Régordane » (c'est d'ailleurs sous ce terme qu'il apparaît dans les anciens documents, l'appellation « Voie Régordane » — aux consonances plus romaines — n'ayant fait son apparition qu'au XXe siècle). Ce chemin tire son nom du pays de Régordane qu'il traverse, tout comme le chemin du Forez prend le sien des montagnes environnantes. Cette « provincia de Regordana », mentionnée dès 1323 dans un acte du château de Portes, correspondait approximativement au territoire s'étendant entre Alès, Chamborigaud, Génolhac, Villefort, La Garde-Guérin, Prévenchères, La Bastide, Luc, Langogne, Pradelles et Largentière. Autrefois, on y trouvait quelques auberges et un relais muletier très actif aux XVIIe et XVIIIe siècles, où les voyageurs et les pèlerins trouvaient refuge et où, lors des fortes chutes de neige, il leur arrivait de rester bloqués pendant plusieurs semaines. Ce n'est qu'en 1741 que fut bâtie une première église, sur l'emplacement de laquelle l'édifice actuel a été reconstruit un siècle plus tard.

La Bastide-Puylaurent entre Lozère et Ardèche

C'est ici, à La Bastide-Puylaurent, que la ligne de chemin de fer pittoresque en provenance de Mende, Allenc, Belvezet et Chasseradès rejoint l'axe Paris-Marseille (via Clermont-Ferrand et Nîmes) emprunté par le célèbre train « Le Cévenol ». Malheureusement, cette magnifique ligne Nîmes-Clermont-Ferrand ne bénéficie pas de la même vitrine promotionnelle de la part de la SNCF que les rames TGV. Pourtant, elle offre aux habitants de Nîmes et de Montpellier, amateurs de randonnée paisible, la possibilité d'effectuer dans la journée un aller-retour pour de superbes virées à plus de 1 000 mètres d'altitude.

La commune (dont la gare est baptisée La Bastide - Saint-Laurent-les-Bains) est perchée à 1 024 mètres d'altitude, à deux pas du triple point de partage des eaux des bassins de la Loire, du Rhône et de la Garonne. C'est en effet sur les hauts plateaux voisins que prennent naissance les rivières de l'Allier, du Chassezac et du Lot. Ce positionnement stratégique à plus de mille mètres d'altitude en fait un lieu de villégiature estivale idéal, offrant un refuge naturellement frais à l'abri de la canicule.

L'abbaye Notre-Dame-des-Neiges en Ardèche

L'abbaye trappiste de Notre-Dame-des-Neiges, située à quelques kilomètres à l'est, attire de nombreux visiteurs. Si certains viennent y chercher la paix du cloître cistercien, d'autres sont simplement séduits par le cadre enchanteur de ce paisible vallon. Historiquement, les moines trappistes s'y étaient révélés d'excellents vinificateurs : beaucoup de gens s'y rendaient pour acheter des vins de qualité, assemblés à partir de raisins récoltés dans les plaines du Gard et de l'Ardèche. C'est également dans ce monastère qu'a séjourné Charles de Foucauld, le célèbre ermite de Tamanrasset, qui y entra comme novice en 1890 avant de repartir définitivement pour le Sahara.

En 1878, l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson y fit également halte lors de son célèbre voyage. Il décrivit ainsi la vie monastique : « D'une façon minutieuse, le jour est partagé entre diverses occupations. L'homme qui prend soin des lapins, par exemple, se précipite de son clapier à la chapelle, à la salle du chapitre ou au réfectoire tout le long de la journée. À toute heure, il a un office à chanter, une tâche à remplir. Depuis deux heures du matin, lorsqu'il se lève dans l'obscurité, jusqu'à huit heures du soir, lorsqu'il retourne recevoir le don consolant du sommeil, il reste debout absorbé par de multiples et changeantes besognes. »

Les eaux thermales de Saint-Laurent-les-Bains

Les eaux thermales de Saint-Laurent-les-Bains sont réputées depuis des siècles. On venait déjà y « prendre les eaux » au XVIIIe siècle, malgré la difficulté des chemins d'accès (qui correspondent aujourd'hui au tracé du GR®72 reliant le mont Lozère au col du Bez via Villefort, Prévenchères, Le Thort, La Bastide-Puylaurent et l'abbaye Notre-Dame-des-Neiges). Au XIXe siècle, la station thermale profita grandement de l'engouement de l'époque pour le thermalisme. La construction de la ligne de chemin de fer Paris-Nîmes et la proximité des gares de La Bastide-Puylaurent et de Langogne lui permirent d'accueillir de nombreux curistes venus de grandes métropoles telles que Marseille, Nîmes, Montpellier, Clermont-Ferrand et Lyon. Cependant, dans les années 1960, la station dut fermer ses portes par manque de fréquentation. Elle connut une véritable renaissance en 1987, lorsque la Chaîne Thermale du Soleil réhabilita entièrement le site. Si, autrefois, on pensait y soigner principalement les maladies de la peau en raison des propriétés sulfureuses des eaux, la communication plus récente de l'établissement met surtout en avant le traitement des rhumatismes et des sciatiques.

Le canyon du Chassezac près de La Garde-Guérin

La rivière du Chassezac, qui prend sa source au Moure de la Gardille, se jette dans l'Ardèche après un parcours sauvage de 80 kilomètres. Elle arrose d'abord les prairies de Belvezet, passe sous l'imposant viaduc de Mirandol, puis s'enfonce brusquement de 25 à 30 mètres de profondeur dans une étroite fracture entre deux gigantesques murailles de granit. Son lit s'élargit ensuite pour tomber en cascades spectaculaires sous le hameau du Mas, au sud de Chasseradès. Entre Puylaurent et L'Hermet, le Chassezac resserre à nouveau ses rives pour creuser des gorges de 95 mètres de profondeur. Passé ce tumulte, il coule de nouveau paisiblement sur cinq ou six kilomètres au milieu de vertes prairies bordées de frênes et de peupliers. Après avoir longé la gare de Prévenchères, ses eaux s'étalent finalement pour former un superbe plan d'eau, le lac de Rachas, retenu par le barrage de Puylaurent.

Passé le barrage, l'indomptable rivière s'engouffre dans son grand canyon, dont le cours devient impossible à suivre à pied après le hameau d'Albespeyres. Toutefois, un magnifique belvédère plongeant sur les gorges du Chassezac a été aménagé en bordure de l'ancienne route D906, qui relie Alès à Langogne. Par temps clair, le spectacle y est véritablement grandiose : en amont, on distingue deux puissantes cascades ; puis les eaux tumultueuses contournent un immense amoncellement de granit avant de s'infiltrer dans un goulet étroit pour s'engouffrer dans la « marmite du Diable », où la roche plonge à pic sur 300 mètres de part et d'autre de la rivière. Le Chassezac dessine ensuite un Z parfait en creusant son mince lit dans la roche dure, s'écoulant fièrement entre les vestiges de deux anciens donjons : celui de La Garde-Guérin et celui du Roure.

La tour médiévale de La Garde-Guérin en Lozère

Le village médiéval de La Garde-Guérin. Cette impressionnante tour de guet, autrefois protégée par de solides remparts dont il ne subsiste aujourd'hui que des ruines, dresse toujours sa masse imposante face au vide. Le *Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France* nous apprend que le mot « Garde » trouve ses racines dans le terme germanique *Wart*, qui signifie « garde », « tour de guet » ou « forteresse ». Les vestiges du château et le village de pierre, en grande partie restaurés, forment un ensemble médiéval d'une harmonie exceptionnelle. C'était autrefois le domaine exclusif des « Pariers », une confrérie très originale composée de chevaliers et de damoiseaux. Cette sorte de milice policière et armée avait pour mission de protéger, défendre et guider les marchands et les voyageurs qui s'aventuraient sur la voie Régordane (ou chemin de Saint-Gilles).

Voie Régordane à La Garde-Guérin

Après le démembrement de l'Empire carolingien (lequel plaça la vallée du Rhône au sein du Saint-Empire romain germanique), ce chemin devint au Moyen Âge l'itinéraire commercial le plus oriental du royaume de France. La confrérie des Pariers, qui veillait sur ce tronçon, comptait une trentaine de membres résidant en permanence sur le site de La Garde-Guérin. Ils étaient soumis à des statuts juridiques extrêmement minutieux et précis qui codifiaient la distribution équitable des revenus du péage ainsi que la transmission et la succession des « paréries » (les parts de la copropriété). Politiquement, ils relevaient de l'autorité des barons du Tournel, dont la branche principale portait souvent le prénom de Guérin.

Dans un document manuscrit du XIIe siècle, rédigé en bas latin, on peut lire la mention *« castrum quod vocatur la Garda »*, c'est-à-dire « la place forte que l'on appelle La Garde ». La date exacte à laquelle le nom « Guérin » fut accolé à celui de « La Garde » demeure incertaine. On s'accorde généralement à penser que les seigneurs qui s'y installèrent et fortifièrent le site vers le XIIe siècle portaient le nom de Guérin, un patronyme d'ailleurs très répandu au sein des grandes baronnies gévaudanaises de Randon, d'Apcher et du Tournel. À une certaine époque, ces protecteurs dévièrent de leur mission initiale : d'escortes armées, ils se muèrent en détrousseurs et se mirent à piller les voyageurs qu'ils s'étaient pourtant engagés à défendre. Pour mettre un terme à ces exactions, l'évêque Aldebert III du Tournel monta une expédition punitive contre eux et assiégea leur forteresse. Les Pariers, contraints de se soumettre, rentrèrent alors dans le droit chemin. Contre vents et marées, leur singulière confrérie parvint à perdurer jusqu'à la Révolution française.

Les voies de chemin de fer à La Bastide-Puylaurent. Historiquement, la construction du tronçon ferroviaire reliant Mende à La Bastide-Puylaurent a engendré d'immenses difficultés techniques. Il avait été initialement décidé de percer un tunnel de 2 124 mètres sous la montagne du Goulet, mais les travaux durent être interrompus après le creusement d'à peine un tiers du parcours. Les ingénieurs se rabattirent alors sur le tracé actuel passant par Allenc, Belvezet et Chasseradès, ce qui obligea la ligne à franchir un point culminant à 1 215 mètres d'altitude près de Belvezet. Pour protéger ce tronçon particulièrement exposé à l'enneigement hivernal, il fallut installer à grands frais des barrières pare-neige, suivies de la construction de longues galeries couvertes. Autant dire qu'il est loin de s'agir d'une ligne à grande vitesse ! L'autre axe majeur, la célèbre ligne des Cévennes reliant Nîmes à Clermont-Ferrand via Alès et Langogne, présente également un relief passablement accidenté. Entre Alès et La Bastide-Puylaurent, la voie s'élève de 897 mètres sur une distance d'à peine 66 kilomètres, ce qui en fait l'une des trois rampes ferroviaires les plus rudes d'Europe.