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Une semaine de randonnée en Lozère

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Une semaine de randonnée en Lozère 1

L'Etoile Maison d'hôtes à La Bastide-Puylaurent en LozèreEn surfant sur Internet à la recherche de renseignements sur le GR70 (le chemin de Stevenson) dont un ami m’avait parlé, j’ai découvert par hasard une page intitulée « Inoubliable randonnée pédestre dans les Cévennes » rédigée par Gustave Testud. Il y était précisé qu'il s'agissait d'une « randonnée en boucle de 6 jours à travers les Cévennes », suivie d'une description détaillée et très précise du parcours.

Après en avoir discuté avec mon épouse, séduits par ce parcours alléchant et « prêt à l’emploi », nous avons décidé d'entreprendre cette randonnée telle qu’elle nous était proposée. Quelle excellente décision ! Nous y avons passé une semaine formidable, d’autant plus que le beau temps nous a accompagnés tout du long : paysages variés, panoramas époustouflants, végétation luxuriante et gîtes dotés d'une véritable âme...

L'Abbaye Notre Dame des Neiges en ArdècheNous sommes d'abord arrivés à L’Étoile, une grande maison d'hôtes située sur les rives de l’Allier. Son hall d'entrée accueillant donne sur une vaste cage d'escalier peinte en blanc, tandis qu'une véranda verdoyante permet de s'installer pour profiter des derniers rayons du soleil avant le repas. Philippe donne le choix entre des dortoirs et des chambres (avec ou sans sanitaires privés) ; toutefois, les randonneurs comme les pensionnaires privilégient souvent le confort et l'intimité des chambres donnant sur le parc ou la rivière.

Dès le lendemain, nous avons effectué une randonnée de « mise en jambes » d’une dizaine de kilomètres autour du village, à partir de l’une des nombreuses balades tracées sur carte IGN et gracieusement proposées par Philippe, le responsable du gîte. Le soleil radieux nous promettait une excellente journée, et ce fut effectivement le cas.

Nous sommes d’abord montés à l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges, un peu surpris de découvrir au bord du chemin une petite chapelle rappelant qu’en ces lieux, au début du XXe siècle, le père de Foucauld avait célébré sa première messe. Puis, par un sentier sinueux, nous avons rejoint « La croix du Pal », une ancienne croix en pierre taillée. On raconte qu'à cet endroit seraient passées les armées romaines lors de la dernière campagne de Jules César. Sur notre droite, à une centaine de mètres, nous avons également aperçu une étonnante tour surmontée d'une statue de Saint-Laurent.

L'Abbaye Notre Dame des Neiges en Ardèche 2De là, nous avons suivi le GR7 quelque temps jusqu’au Coulet de Pecoyol, avant de bifurquer en direction de Rogleton et Laveyrune. Un peu plus loin, un chemin nous a conduits au sommet d’Espervelouze où nous avons pique-niqué. Une vue panoramique exceptionnelle sur toute la vallée s'offrait à nous, avec au loin le village de La Bastide-Puylaurent. L’après-midi, le chemin longeant le tracé d’une ligne à haute tension, nous avons préféré faire demi-tour pour retrouver le sentier de liaison reliant le GR7 et le GR72.

Le GR72Nous avons tranquillement rallié Rogleton pour y emprunter le GR72. Ce dernier nous a ramenés à notre point de départ en nous offrant le plaisir d'admirer les innombrables fleurs sauvages qui parsemaient son parcours.

Rassurés quant à notre forme et à nos équipements, nous avons laissé notre voiture sur le parking de L'Étoile et sommes partis le lundi pour une semaine d’itinérance, en suivant scrupuleusement les indications de Gaston Testud.

Hormis un court passage matinal sur une petite route goudronnée en réfection, le GR70 (chemin de Stevenson) nous a offert un parcours varié et magnifique. Les deux jolis villages de Chasseradès et de Mirandol sont très pittoresques, avec cette étonnante ligne de chemin de fer qui joue à cache-cache dans le paysage.

Le soir, au gîte des Alpiers tenu par une très aimable dame d’origine hollandaise, nous avons eu la surprise de retrouver uniquement des marcheurs rencontrés la veille à L’Étoile. Autant dire qu’au moment du dîner, la bonne humeur régnait autour de la table commune, sublimée par l'excellent repas qui nous a été servi.

La LozèreLe mardi, nous avons poursuivi sur le chemin de Stevenson en passant par Le Bleymard. De beaux dénivelés étaient au programme, mais la météo était si clémente et les paysages si changeants qu’aucun effort ne nous a paru insurmontable.

Mont-LozèreDu chalet du mont Lozère jusqu’au sommet de Finiels, la vue panoramique est permanente. C'est incroyable tout ce que l’on peut ressentir en cheminant sur ces crêtes, suspendus entre ciel et terre.

La descente, sur un sentier pentu et caillouteux, s'est avérée un peu plus périlleuse et a mis nos genoux à rude épreuve. Elle nous a finalement menés au bord du ruisseau du Rieussalet, que nous avons longé tantôt sur sa rive droite, tantôt sur sa gauche, enchaînant quelques passages à gué acrobatiques avant de rallier Le Pont-de-Montvert.

Fait assez étonnant, le GR passe littéralement à l’intérieur du gîte communal. D'ailleurs, il s’agit davantage d’un refuge : nous y aurons le gîte, mais pas le couvert. Bien qu'un peu sombre, le lieu reste cependant bien aménagé. Le Pont-de-Montvert est un charmant village, souriant au bord du fleuve. Restaurants, épicerie, boulangerie, librairie, souvenirs... Tous les services y sont rassemblés, et nous n’avons pas manqué d’en profiter.

Le mercredi, nous avons fait nos adieux aux randonneurs suivant les traces de Stevenson. Nous abandonnions en effet le GR70 pour bifurquer sur le GR72, lequel devait nous ramener à notre point de départ. Du Pont-de-Montvert jusqu’au petit village de Merlet, le sentier est des plus agréables ; le balisage y étant toutefois anecdotique, la carte IGN s'est révélée particulièrement utile.

Nous avons ensuite traversé une zone très bien balisée mais noyée sous des genêts plus hauts que nous, avant d'atteindre un ancien barrage en pierre construit sur le Tarn. À partir de là, et jusqu’au vieux pont du Tarn, s'étend un parcours de rêve que nous avons savouré à sa juste valeur. Nous avons par la suite gagné le hameau de Bellecoste, puis rallié notre destination par un bon chemin : le Mas de la Barque. Tout comme l’a fait Gaston Testud, nous y avons observé une pause d’une journée. Sur place, le gîte du Commandeur fait également office de café-restaurant ; l’accueil y fut, là encore, chaleureux et d'excellente qualité.

Le Mont-Lozère 2En guise de pause, le jeudi, nous avons tout de même bouclé une randonnée de plus de vingt kilomètres ! Heureusement, nos lourds sacs à dos n'étaient plus sur nos épaules...

Le BleymardNous sommes d’abord montés au sommet du pic Cassini. Il faisait un temps superbe, un peu plus chaud que les jours précédents, avec une magnifique vue à 360 degrés — un véritable incontournable. À partir de là, nous avons improvisé notre itinéraire à l’aide de la carte et de la boussole, mais aussi de visu, tant la vue portait loin !

Par un petit sentier descendant le long du « ravin de l’évadé » — qui s'apparente en fait à un agréable vallon —, nous avons contourné le pic Cassini. Nous avons ensuite mis le cap plein sud à travers les pâturages et les amas rocheux pour rejoindre le village de Bellecoste, où nous étions passés la veille. Prenant la direction du Mas Camargue via un bon chemin, nous sommes allés à la rencontre du GR7, que nous avons suivi jusqu’au pont du Tarn. C'est là que nous avons pique-niqué, sous les pins bordant la rivière.

Après le repas, nous avons poursuivi sur le GR7 jusqu’au hameau de l’Aubaret. La végétation y était radicalement différente de celle du matin : au milieu des épinettes, on se serait presque cru au Canada.

Là, nous avons bifurqué sur le GR68. Il faisait très chaud en ce début d’après-midi, et ce tronçon sur route goudronnée (heureusement de courte durée) ne fut pas des plus agréables. Après avoir traversé le village de La Vialasse et dépassé les quelques maisons de Pierre Froide, nous avons rejoint les rives du ruisseau Pudissime, que nous avons remonté plein nord jusqu’au Mas de la Barque. Sans sentier balisé, seul le bruit de l’eau sur notre gauche nous servait de repère. Nous étions ravis de retrouver enfin la fraîcheur des sous-bois.

Randonnée sur le GR®700 Chemin Régordane vers La Garde-Guérin en LozèreLe vendredi, nous avons repris la route. D’abord dans la brume, puis sous un ciel légèrement nuageux, une aubaine comparé à la chaleur de la veille. Le GR a serpenté en forêt jusqu’au col de Rabusat avant de suivre la ligne de crête. De très beaux panoramas, de part et d'autre, ont agrémenté notre progression, tantôt à travers des champs de bruyère sur les pentes exposées au sud, tantôt au milieu des genêts sur celles orientées au nord.

Après avoir traversé la vieille ville de Villefort, nous avons longé son lac et sommes passés au-dessus du barrage balayé par un vent violent. Un peu plus loin, nous avons atteint l’ancienne voie romaine — le chemin de Régordane —, que nous n’avons plus quittée. Çà et là, de superbes échappées visuelles sur le lac ont suscité notre émerveillement.

Chemin Régordane ou sentier de St Gilles GR®700Dans l’après-midi, nous avons fait halte pour visiter le petit village de La Garde-Guérin, magnifiquement restauré dans l’esprit du Moyen Âge.

La Garde-Guérin est un ancien village fortifié, remarquablement situé aux abords de la Voie Régordane (GR700) et surplombant les gorges du Chassezac de près de 400 mètres.

Le voyageur l'aperçoit de loin, bâti à près de 900 mètres d'altitude sur un plateau de grès souvent balayé par les vents. Ce plateau repose sur un socle de roches granitiques, dans le dédale desquelles le torrent du Chassezac a creusé d'impressionnantes gorges. Bénéficiant d'une situation géographique exceptionnelle, le village domine tout le paysage alentour. Il suffit, pour s'en convaincre, de se rendre sur le Pré de la Tour ou au belvédère des gorges du Chassezac : on peut y embrasser toute la région du regard, sans le moindre obstacle.

Le ChassezacRappelons que le chemin de Régordane conduisait les pèlerins à Saint-Gilles, dans le Gard ; l'ancien prieuré de Prévenchères dépendait d'ailleurs de l'abbaye de cette même ville. Les frais d'entretien de l'hôpital local devaient être couverts par les différents revenus de la communauté des pariers. À la fin du XIVe siècle et au XVe siècle, de nouvelles familles firent l'acquisition de paréries et s'établirent à La Garde-Guérin. Au cours de cette période, ces paréries changèrent fréquemment de mains, entraînant la disparition progressive des anciens pariers à l'exception d'une poignée de membres.

La marche du samedi fut certainement la plus courte de notre séjour (15 à 16 kilomètres seulement) mais s'avéra très agréable. Le soleil était de retour, illuminant ce sentier qui serpentait au milieu d'une profusion de fleurs des champs. Sur les rochers de la voie Régordane, retrouvée aux environs du Thort, les ornières creusées jadis par les roues des chars romains restaient étonnamment bien marquées dans la pierre.

Peu après notre repas, le ciel s’est obscurci. Par précaution, nous avons sorti nos vêtements de pluie — pour la toute première fois depuis notre départ — et les avons placés sur le dessus de nos sacs à dos. Vers 14 heures, nous atteignions La Bastide-Puylaurent et retrouvions le gîte L’Étoile sans avoir eu besoin de nous couvrir. Une demi-heure plus tard, en sortant de la douche, nous entendions des trombes d’eau s'abattre sur les arbres de la cour : nous l’avions échappé belle !

De cette semaine de randonnée, nous ne conservons que d’excellents souvenirs : la chaleur de l’accueil, la beauté des paysages traversés, les belles rencontres faites sur les sentiers comme dans les gîtes… Et toutes nos excuses à la magnifique biche que nous avons dérangée alors qu’elle se reposait paisiblement dans les genêts, au-dessus de Bellecoste...