En Gévaudan, à l'instar des autres provinces mérovingiennes, des délégations de pouvoir étaient confiées à des « compagnons » ou « comtes », chargés de veiller au maintien de l'autorité royale. Toutefois, avec l'affaiblissement progressif de la royauté à l'avènement des Carolingiens, ces délégations temporaires devinrent permanentes, puis héréditaires. C'est ainsi que se constituèrent les fiefs féodaux. De simples officiers ou fonctionnaires, initialement délégués de la couronne, s'érigèrent en seigneurs locaux. Les comtés du Gévaudan durent se former de cette manière.
Pour administrer la vaste étendue du domaine placé sous sa domination, le comte, haut dignitaire, désignait des « vicomtes » (vice gerens comitis) ou, s'il avait des enfants, divisait son territoire pour attribuer un vicomte à chacun d'eux. Il n'existe aucune certitude absolue quant à la filiation de l'auteur de l'acte de fondation de l'église et du monastère de Langogne, mais son hérédité semble s'établir ainsi : le comte Pons, qui gouvernait le Rouergue et le Gévaudan, transmit par voie de succession son héritage à son frère Bertrand, déjà vicomte du Rouergue. Ce dernier légua ensuite ses terres à l'aîné de ses fils, Richard, devenu vicomte de Millau, et à son cadet, Étienne, nommé vicomte du Gévaudan.
Le nom d'Étienne apparaît d'ailleurs dans la charte de donation rédigée en ces termes : « sunt autem iste ressitac in Comitatu Gabalitano in vicaria Milla censé in villa quœ dicitur Lingonia seeus ripan Eleria », ce qui se traduit librement par : « Tout cela est situé dans le comté Gabale, dans la viguerie de Milliac, domaine dit de Langogne, le long de la rive de l'Allier. » Le domaine de « Milliac », nom d'origine celtique devenu Mediolanum par l'adjonction du suffixe -acum, englobait le castrum Gabale, qui devint plus tard l'oppidum romain du Mont-Milan.
Il est raisonnable de supposer que ce domaine comptait une population suffisamment nombreuse pour remplir la nef du sanctuaire à construire et participer à l'exploitation de son vaste territoire. De plus, il est probable que le vicomte ait préféré résider à Langogne plutôt qu'à Javols en ruines, à Mende, simple bourgade, ou à Grèzes, sinistre forteresse située dans une région très froide.
L'histoire de l'Auvergne et du Velay éclaire la création de ce monastère. Saint Calmin (ou Carmélius), issu d'une famille sénatoriale arverne et gouverneur de sa région, se rendit aux îles de Lérins en revenant de Rome. Il en ramena quelques moines bénédictins pour fonder l'abbaye de Saint-Chaffre (ou Caméli) et nomma Eudes comme premier abbé. Ce dernier, originaire d'Orange, avait été diacre à Saint-Paul-Trois-Châteaux, tandis que son frère avait relancé l'abbaye du Monastier en Auvergne.
L'abbaye de Saint-Chaffre étendit son influence sur Saint-Pierre-du-Puy, Chamalières-sur-Loire et Fraissinet, près du Monastier. En 993, Pierre, l'abbé de Saint-Pierre, devint évêque de Viviers. Il conseilla alors au vicomte Étienne, qui possédait des terres dans son diocèse, de fonder une église et un monastère. Calmin promit d'y envoyer des moines. Il ne vit cependant pas la réalisation de son projet et mourut, tout comme son épouse Namadie ; ils furent inhumés au monastère de Mozac, en Auvergne. Ses engagements furent néanmoins respectés, et Saint-Chaffre prit Langogne sous sa protection.
Vieillissants et sans descendance, Étienne et son épouse Almodis (ou Anglemonde), inquiets de la fin prochaine des temps, firent, selon la légende, un rêve identique les incitant à léguer leurs biens terrestres à une œuvre pieuse afin d'acquérir la grâce céleste au jour du Jugement dernier. Ils se rendirent à Rome, où le pape Grégoire V encouragea leur dessein, leur promit de saintes reliques et s'engagea à placer leur fondation sous la protection directe de la papauté ad vitam aeternam. Dom Guy, abbé de Saint-Chaffre, reçut ainsi de généreux bénéfices : trente-cinq fermes dans le Vivarais (viguerie de Bozon et hameau de Felgères), quatre fermes et un moulin en Gévaudan, ainsi que les domaines du Mas-Richard, du Nirgoult, du Monteil, du Cheylaret et de Saint-Clément à Langogne, sans oublier le village de Claurie avec ses pâturages et ses bois sur les terres de Grèzes.
Les évêques de Mende, du Puy-en-Velay et de Viviers approuvèrent ces largesses. Le prieuré demeura sous la dépendance de Saint-Chaffre, mais fut placé sous l'autorité d'un seigneur-prieur claustral relevant directement du Saint-Siège, échappant ainsi à la domination des comtes ecclésiastiques et laïcs.
Le vicomte Étienne et sa femme effectuèrent un deuxième voyage à Rome pour offrir solennellement leur donation sur le tombeau de saint Pierre. Le nouveau pape, Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac), était un savant éminent qui passait pour l'inventeur de l'horloge à poids et à qui l'on prêtait même des talents de sorcier. Il avait su, en tout cas, imposer la Trêve de Dieu aux princes laïcs. Il accueillit les généreux mécènes de Langogne et leur fit présent de reliques très en vogue de saint Gervais et saint Protais, ainsi que d'un fragment de la Vraie Croix. En l'espace de moins de cinq ans, l'église, le monastère et le château furent achevés.
À quoi ressemblaient ces édifices avant d'être déformés ou ruinés par les brigands de la « Société de la Folie », les routiers anglais, les huguenots de Matthieu de Merle, et enfin par la Révolution ? L'église a conservé une grande partie de son intégrité, à l'exception de sa façade et de ses clochers, effondrés puis reconstruits dans un style architectural disparate, et d'une déformation due à des agrandissements malhabiles de la nef principale. Les deux clochers qui flanquaient initialement la façade s'écroulèrent, furent rebâtis, s'effondrèrent à nouveau, pour être finalement remplacés en 1829 par l'unique clocher juché sur le chœur. La façade actuelle semble remonter à la fin du XIe siècle. Elle a été conçue dans un style gothique qui tranche avec le roman auvergnat de l'édifice. Son portail, pris entre de mièvres colonnes cannelées et surmonté d'une élégante verrière, est même désaxé par rapport à la ligne médiane de la nef centrale. De part et d'autre de l'entrée subsistent deux colonnes avec soubassement et chapiteau, laissant supposer qu'elles servaient de piédestaux aux statues des saints patrons de la paroisse.
Les nefs formant les bras de la croix ont été allongées inconsidérément, dans une mauvaise copie du style de l'édifice. L'abside garde l'empreinte de retouches maladroites. Malgré ces maladresses de reconstruction, l'église millénaire conserve son tracé primitif. Elle épouse la forme typique de l'époque, dessinant une croix dont le vaisseau principal comporte trois nefs parallèles aux voûtes en plein cintre ; la nef centrale étant plus large et plus haute. Au transept, elles sont barrées par les nefs transversales et raccordées par des pilastres massifs cantonnés de demi-colonnes. L'abside, de forme semi-circulaire et couverte d'une voûte en cul-de-four, clôt harmonieusement le chœur.
La construction est lourde, massive, bâtie en granit dur et fin, une pierre qui ne se trouve pourtant pas dans les carrières environnantes. À la naissance des voûtes, des chapiteaux à modillons couronnent les colonnes. Leur ornementation, simple et naïve, représente des feuilles d'acanthe sommaires, des fruits, des fleurs, des chimères ou des démons rustiques symbolisant la médisance, la calomnie, la luxure, le juste et le pécheur. Si l'ensemble est ingénu et la sculpture pauvre, l'inspiration reste forte. Des entailles grossières ont été creusées dans les piliers du chœur pour y encastrer des grilles en fer forgé sans grande valeur artistique. Au fond du sanctuaire, derrière le mur de façade, a été hissée une banale tribune destinée à supporter un orgue, masquant malheureusement la belle verrière.
Le sanctuaire ne possède pas d'œuvres d'art grandioses, de tableaux, de tapisseries ou d'autels remarquables. Il conserve néanmoins son précieux cachet artistique de pur style roman, ce qui en fait la perle du Gévaudan et lui a valu d'être classé monument historique.
Du château primitif, il ne subsiste ni trace ni souvenir. On ignore d'ailleurs la date exacte de sa disparition. Peut-être était-il incorporé au complexe monastique. Mais du monastère lui-même, il ne reste quasiment rien non plus, hormis les descriptions anciennes qui évoquent de vastes bâtiments ordonnés en quadrilatère autour d'une cour dotée d'un puits à margelle. Cette cour était délimitée au nord par l'église, à l'est par une excroissance architecturale devenue plus tard la chapelle attenante au sanctuaire. À l'ouest, un corps de bâtiment continuait la nef latérale et formait le presbytère, conservant le porche (toujours existant) comme accès. Au sud s'élevait un grand immeuble à étages, principal lieu de vie des moines, dont le rez-de-chaussée servait de remises et d'écuries. La façade de ce bâtiment s'ouvrait sur l'actuelle « place des Moines ». Malheureusement, à une certaine époque, le maire M. de Verdelhan des Molles livra inconsidérément aux pioches des démolisseurs ce qui restait du monastère, effaçant ainsi une page poignante de l'histoire locale.
Quant à la chapelle qui s'ouvre à droite de l'entrée de l'église, elle ressemble davantage à une crypte creusée dans un massif de maçonnerie inesthétique. Certains historiens locaux l'ont convertie en un ancien temple païen, transformé en oratoire chrétien puis incorporé au sanctuaire bénédictin. Cette supposition aléatoire ne repose que sur l'enfoncement ininterrompu et rythmé de ses fondations dans le sol, suggérant une origine potentiellement gallo-romaine.
De plus, certains auteurs ont prêté, dans le domaine illimité de l'imagination, une antiquité fabuleuse à la statue de la Vierge honorée en ce lieu. Tantôt assimilée à une déesse bicéphale venue des bords de l'hypothétique lac asséché de la Ponteyre, tantôt décrite comme un présent exceptionnel de sainteté offert par le pape Sylvestre II, il convient, par honnêteté impartiale, de ramener ces légendes à la stricte vérité historique.
La Vierge, Notre-Dame de Tout-Pouvoir, est figurée par une statue bicéphale, aux têtes superposées, émergeant d'un billot de bois à peine dégrossi, sans bras ni jambes. Les visages manquent de grâce et sont piteusement bariolés de couleurs qui tranchent avec la teinte bistrée des icônes palestiniennes auxquelles la statue se rattache. Ce barbouillage inexpliqué ne remonte d'ailleurs qu'aux fêtes du « Couronnement » de 1900. Auparavant, les fidèles la connaissaient sous l'appellation de « Vierge Noire », en raison de sa nuance brun foncé.
La Vierge et l'Enfant Jésus sont vêtus d'un damas d'imitation et parés de bijoux en clinquant pour dissuader les voleurs. Leurs têtes sont ceintes de couronnes en métal doré, serties de cabochons de verroterie multicolore. On a beaucoup brodé sur l'origine de cette statue pour lui forger une ancienneté qu'elle ne peut avoir. En voici la démonstration objective. On a prétendu qu'elle avait été donnée par le pape Sylvestre II à la vicomtesse Almodis lors d'un « troisième voyage » à Rome. Or, l'histoire ne retient que deux pèlerinages (en 998 et 1003) durant lesquels seuls des reliquaires de saints et un morceau de la Vraie Croix furent remis au vicomte Étienne.
De la même veine relève l'affabulation créée de toutes pièces pour relancer un culte marial tombé en désuétude. On raconte qu'en 1449, sous le règne de Charles VII, un certain Jacques de Colombet requit un notaire épiscopal pour copier un « vieux parchemin effacé et difficile à lire » (paululum abrasatam lecturâque difficilem). Ce parchemin disparu (et sa copie introuvable) ne faisait d'ailleurs que rapporter des rumeurs, précisant : « Nous avons entendu dire et nous croyons vrai qu'Agelmonde alla trouver, pour la troisième fois, le Souverain Pontife... ». Rien n'empêchait alors de supposer que la vicomtesse ait pu rapporter une Vierge de ce voyage hypothétique. Non seulement cette supposition invérifiable rend caduque l'attribution d'une telle ancienneté, mais l'histoire de l'art écarte définitivement cette légende.
En France, la dévotion à la Vierge ne s'est développée qu'à partir du XIIe siècle. Les premières représentations de la Mère du Christ n'apparaissent qu'au XIIIe siècle, et l'on devine souvent qu'elles ont usurpé la place initialement réservée à Jésus. La plus ancienne statue connue est celle de Chartres. Toutefois, elle ne connut d'abord qu'un succès de curiosité, lié à une sainte tunique que la légende disait offerte à Charlemagne par un empereur d'Orient, puis remise à la cathédrale par Charles le Chauve.
Une caractéristique commune marquait ces premières Vierges : aucune n'était couronnée, un simple voile couvrant leur chevelure. Elles étaient toutes représentées assises, présentant l'Enfant-Dieu sur leurs genoux. En somme, elles ne servaient que de trône ou d'autel de soutien, la ferveur et la dévotion étant alors exclusivement tournées vers Jésus.
À Clermont-Ferrand, dans la cathédrale ainsi qu'à l'église romane de Notre-Dame du Port, on exposait des « Majestés de Sainte Marie » (Majestates Sanctae Mariae). Également assises, elles tenaient Jésus sur leurs genoux. Leurs bustes servaient de reliquaires renfermant, dit-on, des cheveux de la Vierge ou un morceau de pallium tissé de ses mains. Là encore, la vénération s'adressait uniquement à l'Enfant-Dieu.
La plus célèbre de toutes était sans conteste la Vierge Noire du Puy. Des papes, des rois, des chevaliers, des troubadours, ainsi qu'une foule immense de pèlerins, venaient ployer le genou sur la dalle de lave de son autel. Selon la tradition, elle aurait été rapportée d'Orient par Saint Louis, qui l'aurait reçue du sultan d'Égypte (Soudan).
La Vierge de Langogne en est la reproduction exacte : deux têtes rudimentaires placées l'une devant l'autre, émergeant d'un billot de bois à peine dégrossi, sans bras ni jambes. Son teint basané évoque par ailleurs parfaitement une figuration orientale ou africaine. Le formidable rayonnement de la Vierge du Puy suscita de multiples imitations. Il était donc tout naturel que les moines bénédictins installent dans leur église de Langogne une effigie identique à celles vénérées dans leurs autres sanctuaires de Saint-Pierre-du-Puy, Chamalières, Fraissinet ou Saint-Chaffre. L'icône, jadis venue d'un Orient idolâtre, n'était devenue Madone qu'une fois sacralisée sur son autel. Elle ne possédait ni le galbe ni la finesse de l'art raffiné de l'époque de Louis IX. Dès lors, la statuaire mariale devait s'orienter vers des représentations plus harmonieuses pour conférer à la Vierge un prestige propre. Elle abandonne sa posture accroupie et hiératique. Elle s'élève, affirme sa personnalité et tient dans ses bras un Jésus bénissant, à l'image des Vierges du Mont-Anis ou de la Bonne Mère de Marseille.
Cette étape de glorification franchie, elle apparaîtra même seule, dans sa Toute-Puissance, recevant directement les supplications et les prières qu'elle se doit d'exaucer. C'est le modèle de la Vierge de Lourdes, qui dispense ses grâces et accomplit des miracles. Certes, la statuaire connaîtra des variations au gré des courants de dévotion ou des sensibilités artistiques. On verra ainsi apparaître les Pietà accablées de douleur, défaillantes au pied de la croix ou près du sépulcre, mais il s'agit là de la figure spécifique de la Mater Dolorosa. Plus généralement, la Vierge se dresse, enveloppée d'un manteau de pureté, le chef ceint de la couronne de sa Toute-Puissance. En Reine du Ciel, elle ouvre grand ses bras accueillants, se faisant le refuge des pécheurs (Refugium peccatorum).
L'histoire de l'art démontre ainsi que la Vierge de Langogne ne saurait revendiquer l'antiquité fabuleuse qu'on s'est parfois efforcé de lui attribuer. Elle s'inscrit typologiquement parmi les Vierges d'inspiration orientale, à l'instar de la Vierge Noire du Puy. Le récit qui suit confirme d'ailleurs l'importation de ce culte vellave à Langogne et éclaire l'origine de cette ferveur locale, bien que la statue originelle ait très probablement disparu pendant la Révolution.
On estime que les statues du sanctuaire furent détruites à plusieurs reprises : d'abord lors des incursions des bandits de la « Société de la Folie », puis lorsque les religionnaires de Matthieu de Merle ruinèrent le monastère, brûlèrent le mobilier et emportèrent les objets sacrés. Enfin, en 1792, les révolutionnaires firent un autodafé du contenu de l'église, pillèrent les trésors considérés comme biens nationaux et fondirent les cloches à Mende pour en faire des canons.
Une légende, qu'il convient de tenir pour apocryphe, prétend qu'un apothicaire nommé Tantoine aurait sauvé la statue du bûcher pour l'enterrer dans son jardin. Cette version relève de l'impossibilité manifeste : comment cet homme, déjà suspecté de cacher des proscrits et sous le coup d'une perquisition, aurait-il pu dérober une statue volumineuse au nez et à la barbe des incendiaires ?
La conviction que la statue vénérée à Langogne était bien une reproduction de celle du Puy se confirme par les faits. En juin 1578, la population se porta à la « pierre plantée » pour accueillir triomphalement une nouvelle « Vierge Noire » venue de la capitale vellave. Au rythme des chants et de la musique, prêtres, moines et fidèles menèrent la Madone jusqu'à un autel provisoire, en attendant la restauration de sa chapelle.
À la suite des misères engendrées par les guerres, la peste ravageait la région, foudroyant près de deux mille personnes. La population atterrée implorait la miséricorde du Ciel. C'est alors que le nouveau prieur, Farnus, arriva de Saint-Pierre-du-Puy. Fervent dévot de Notre-Dame du Puy, il transmit sa foi aux fidèles et promit solennellement que si la ville était épargnée par le fléau, une statue identique à celle de la Vierge Noire du Puy serait érigée en son honneur. Bien que des précautions sanitaires aient été prises, l'arrêt de l'épidémie fut perçu comme un véritable miracle. Pour honorer ce serment, une délégation fut immédiatement dépêchée au Puy afin d'y quérir une statue reproduisant fidèlement l'icône soudanaise.
Chaque année, une fête commémorative et d'action de grâce envers la salvatrice de Langogne fut célébrée en grande pompe. Les prieurs bénédictins successifs, Antoine Juliany (1585) et Antoine Robin (1589), ne manquèrent pas d'évoquer ce miracle. Ce n'est qu'en 1597 que la Vierge Noire, ramenée du Puy, put intégrer la crypte-chapelle définitivement restaurée. Plus tard, Mgr Adam de Heurtelou, évêque de Mende, enrichit d'indulgences plénières « la Vierge qui avait sauvé Langogne de la peste ». À cette époque, rappelons-le, il n'était pas encore question de l'appellation de Notre-Dame de Tout-Pouvoir.
En conclusion, il est avéré qu'aucune statue originelle n'a survécu aux actes de vandalisme qui frappèrent Langogne. Malgré son repeint récent, l'actuelle Notre-Dame de Tout-Pouvoir demeure la reproduction certifiée de la « Vierge Noire » du Puy. Pour terminer, rappelons les fêtes grandioses du « Couronnement » de 1900. Sept évêques, dont Mgr Bonnet, originaire de Langogne, y participèrent avec une immense ferveur populaire. La grande surprise des anciens du village fut alors de voir réapparaître leur antique Vierge Noire, qu'ils avaient toujours connue bistrée, subitement fardée et coloriée de carmin, effaçant ainsi sa précieuse identité palestinienne originelle.











